Le ressort de mon besoin d’écrire

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à vouloir être édité(e) ?

Il y a, à la base, le désir ou le besoin d’écrire. Les moteurs d’écrire sont multiples, comme par exemple :

  • Déverser un trop plein d’émotions
  • Témoigner d’événements monstrueux ou extraordinaires
  • Clarifier ses idées, qui se bousculent dans la tête
  • Poser des histoires qui feront rêver ou provoqueront des émotions

Mais vouloir être édité(e) va plus loin. Car être édité(e) fait appel à différents ressorts, comme :

  • s’exposer ses idées au risque d’être critiqué(e), mal compris(e) ou incendié(e)
  • vouloir répandre une vision pour rassembler des adeptes et gagner du pouvoir
  • satisfaire un besoin de reconnaissance ou de gloire

Rien ne se juge, mais mieux vaut être au clair avec soi sur ce que l’on cherche dans son aventure d’écriture.


A quand remonte mon désir d’écrire ? Je crois qu’il a toujours été en moi. Mais il lui a fallu beaucoup de temps pour grandir en moi et oser s’affirmer.

J’ai toujours aimé lire, dans une famille où la lecture n’était pas une pratique courante. J’étais l’intello, que les jaloux taxaient de « celle qui se la joue au-dessus de sa classe ». Ils ne comprenaient pas que, dans les histoires que je lisais, je m’évadais d’un quotidien un peu morne. J’étais cette héroïne amoureuse d’un beau chevalier ou cette effrontée sans peur, au cœur grand comme le monde.

J’admirais secrètement, presque inconsciemment, ces auteurs capables d’écrire un livre qui touchait aux tripes et faisait vibrer toutes les cordes de mon violon émotionnel. Une toute petite voix, bien étouffée, presque inaudible, me disait « Mais toi aussi, tu pourrais ».

Les années ont passé. J’ai fait ma vie, comme on dit. Une belle carrière, de beaux enfants, une belle maison, un mariage qui a pris l’eau, des aléas professionnels, des voyages fantastiques, des crises de vie, des crises financières, des crises familiales… Bref, j’ai engrangé. De l’expérience. Des souvenirs. Encore des émotions. En somme, de la matière première.

Il aura fallu une violente blessure de cœur pour raviver d’autres blessures plus profondes, qui, à leur tour, ont ranimé, en un éclair, ce désir viscéral d’écriture, devenu alors l’exutoire d’un trop plein. J’ai noirci des pages à n’en plus finir pour vider ma colère et ma tristesse, parfois ma honte. J’ai repris cette matière pour la transformer en un récit organisé, loin du journal intime, où l’on déverse compulsivement ses pensées et ses sentiments les plus secrets. Mon objectif : partager mon expérience d’un moment de bascule. Mais je n’ai pas eu l’audace ou le courage de franchir le cap. Ecrire, c’est aussi se mettre à nu et je n’étais pas prête. Mais l’exercice m’a rassurée sur ma capacité à tenir la distance d’une écriture structurée.

Depuis, écrire est comme une respiration. Vital. Dans ma tête, une foison de sujets qui pourraient devenir de belles histoires à raconter.

Pourquoi cette envie de partager ces histoires ? Pour ce miracle émouvant d’embarquer le lecteur dans une aventure, où l’émotion sera intense, au point de résumer le moment du récit à une fraction de seconde. J’aime l’idée que le lecteur, comme en suspension, retient dans sa lecture sa respiration. Voilà le vrai partage.

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