Ecrire, un Acte Responsable

Annoncer que vous écrivez et plus précisément un roman, un livre, des nouvelles, c’est l’effet Wouah garanti. Super bon pour l’égo, l’estime de soi. C’est la pointe sympa de l’iceberg. Mais les personnes qui vous adressent cette admiration n’imaginent pas la dose d’efforts nécessaires pour y arriver.

Au départ, il y a le besoin.

Vous ne vous réveillez pas un matin, en vous disant “Tiens, et si j’écrivais ?” Au départ de l’écriture, il y a un besoin.

Le tout premier est de sortir ses émotions, libérer sa parole, évacuer son trop plein de pensées. Le premier réceptacle de l’écriture est le journal intime ou le carnet de voyage pour le globe-trotter. A ce stade, l’écriture est secrète. Elle n’est pas partagée. Elle est un face-à-face avec soi-même et la qualité d’écriture, on s’en moque.

On ne s’en moque plus quand le besoin devient faire entendre sa voix, qu’il s’agisse d’un témoignage, d’une théorie, d’une vision ou d’une philosophie. L’objectif est de délivrer son message, dans tous les sens du terme ‘délivrer’. Réveiller les consciences dans le respect du lecteur.

Un premier pas plus complexe qu’il n’y paraît

Outre la technique, qui s’apprend et se pratique, l’exercice requiert une certaine dose de confiance en soi pour supporter la critique, parfois impitoyable. Ne nous leurrons pas. le syndrome de l’imposteur est votre compagnon, dès qu’est prise la décision de franchir le pas.

Qui suis-je pour oser écrire, afficher haut et fort mes opinions, mes idées, mon vécu ? Suis-je légitime à le faire ? Face à cette question, nous ne sommes pas tous égaux. Il y a le caractère et le vécu, personnel et collectif. Les hommes sont généralement mieux armés sur ce point. Question d’éducation de la société.

L’autre frein psychologique est la mise à nu. L’adage le dit bien “si les paroles s’envolent, les écrits restent“. Ecrire vos émotions, c’est un peu comme livrer au monde la cartographie de vos forces mais surtout de vos faiblesses, vos vulnérabilités. Il n’y a que les pamphlétaires qui ne ressentent pas cette peur ou n’envisagent pas cet acte sous cet angle , car généralement ils sont provocateurs et aiment la confrontation. Pour les autres, mieux vaut être mu.e par un moteur très puissant en pensant à soi et aux autres. “Peut-être que mon histoire aidera quelqu’un d’autre ?” Ne serait-ce que lui apporter un moment de joie…

Quels frissons au moment de soumettre son texte au regard d’un premier lecteur ! En ce qui me concerne, même si je sais que j’ai une bonne plume, cette étape ressemble à une montée vers l’échafaud. Est-ce que je vais me faire crucifier ? La plupart du temps, non. Les commentaires sont chaleureux, enthousiastes… sans jamais être complaisants. C’est bien ainsi.

Un long voyage commence

Une fois son sujet identifié, le voyage commence avec ses étapes incontournables.

Etape 1, poser son sujet

Quel est le message que je veux délivrer ? En quoi suis-je légitime à en parler ? Quel est mon point de départ et quelle est ma destination ? Quelle intrigue vais-je offrir ? Comment vais-je articuler mon propos ?

Voilà toutes les questions auxquels un.e auteur.e doit répondre avant de se lancer dans l’écriture proprement dite, ou en parallèle.

Etape 2, la recherche

Deuxième tâche, un travail de recherche est indispensable pour valider des points historiques, géographiques, économiques, etc. Que vous écriviez un essai ou un roman, tous les détails et vos points de référence doivent être sûrs. Question de crédibilité et de cohérence.

Etape 3, l’écriture

C’est la partie la plus longue du voyage avec LES écritures. Il y a le premier jet, puis une première relecture pour affiner son texte. Supprimer les lieux communs et les redondances, vérifier la cohérence du récit, corriger les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe ainsi que les erreurs de frappe.

La deuxième relecture permet d’enlever les répétitions de mots et d’expressions et les remplacer par des synonymes et d’autres formulations. Revoir la structure du texte. Est-ce logique ? Fluide ? Est-ce que ce détail est vraiment utile ? Quelle est la valeur de ce paragraphe ou ce chapitre ? Quel(s) élément(s) nouveau(x) apporte-t-il ?

Une dernière relecture – souvent à voix haute – et donc une réécriture est essentielle pour jouer dans la dentelle du récit. Les figures de style, la parlure des personnages, le mot en plus ou en moins, etc.

Jusqu’à trois versions complètes

Tout ce travail, parfois fastidieux, est effectué à la fois seul.e et avec des relecteurs, quel que soit le texte, le récit. Car, dès qu’il est publié, il est figé.

Pour un (premier) roman, vous pouvez le réécrire trois ou quatre fois… entièrement.

Parce que la structure que vous avez choisie n’est finalement pas la meilleure. Elle ne sert pas votre intention autant que vous le souhaitez.

Parce que vous n’arrivez pas à vous détacher du texte ou au contraire, vous glisser dans l’histoire. Vous allez écrire votre récit une fois à la 3ème personne, une fois à la 1ère personne.

Lorsque vous arrivez à destination, vous éprouvez une grande fierté. “I did it ! Je l’ai fait !” Une première victoire, avant de repartir, dans le cas d’un livre, dans une prochaine odyssée, la recherche d’un éditeur.


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